lundi 10 décembre 2007

Post-ΔΦΕ

Finalement la sale-attitude s'était posée à Lyon ce weekend, et a délaissé Georgetown et la X-mas partay de Steve. Comme quoi des grosses putes peuvent être classes. On ne se fait pas baiser dans une camionette aux abords des quais de Saône, nous.

Ay bay bay.

Oui je sais, la cravate est pas droite. Mais au moins je ressemble pas à un télévendeur Darty. Vorano, non, j'étais pas en basket cette fois. J'ai sorti le piège-à-loup de mes poches pour acheter des chaussures. C'était sympathique cette soirée au milieu de tous ces consanguins, Major aurait kiffé. M'enfin s'il manquait un truc c'était une table de jeu avec un croupier. Guilhem, en janvier tu nous ressors l'uniforme s'il-te-plait ?

Ah oui, 7h de bus rien que pour une fête, ça vaut combien de points ? Ma besace commence à peser lourd. Pendant ce temps à Rome...

lundi 3 décembre 2007

L'hymne soviétique pour les nuls

Rien à voir avec le post précédent, mais vous apprécierez..Poulain, tu l'as toujours sur ton iPod?



J’ai vu l’Ukraine !


Ou presque… pour un road trip enchanteur, depuis Bologne, sortez de votre domicile vers le premier abribus, prenez le numero 19. Entre les Pakos insupportables, dignes de ceux qui mériteraient de se faire valdinguer dans la fontaine de Trévi, et les minettes italiennes rosséisables, se confondent quelques créatures en blouse reversible kilt, pantalons noirs, crane rasé, écharpe rouge et bleu..Mon bon gros Bude ne serait pas dépaysé. Nous voici enfin aux abords du Stadio Renato dall’Ara, forteresse du Bologna FC 1909.

En ce samedi de fin novembre la pluie fine nous glace jusqu’aux os. Nous ? Oui, le Yag, Berarboule et moi, soit par ellipse Yagouboule. Schrall s’est refusé à nous accompagner (trop cher ?). Certes, cette partie qui oppose le Bologna FC, 3ème de Série B, à l’Albinoleffe, leader de la division n’est pas bien prometteuse, on se dit qu’on aurait du rester à la maison plutôt que de se geler les meules, on pense à Morlaff et Bude qui pour le même prix se pavanent au milieu des Irreducibili. Mais c’est à cela qu’on reconnait les vrais supporters, à leur capacité de se déplacer par tous les temps..et les affiches. La grande époque du Bologna FC est révolue depuis belle lurette, Kenneth Andersson est désormais quinquagénaire et semble rendre quelques peu nostalgique les tifosi. Il y a dix ans, Bologne en Coupe de l’Uefa se payait le luxe d’éliminer l’Olympique Lyon Footix et sa grand messe de guignols 0-2 ;3-0. En demi-finale la squadra emiliana sera éliminée par l’Olympique de Marseille après un pénalty imaginaire sifflé sur Florian Maurice.. 0-0 ;1-1. Engluée dans le marasme de la série B Bologne tire profit de son important budget pour se payer des vedettes oubliées.. notons entre autres Adailton, ex-Psg, que nous français avions enterré depuis des lustres. Un scoop= la possible arrivée de Didier Domi en défense centrale. Côté attaque, Danilevicius et son profil à la Morlon, une baguette scandinave, ex-Arsenal tout de même.

Ce match est le premier depuis la mort de Gabriele, dont on ne rouvrira pas la polémique. Les contrôles de flics sont mémorables : devant le stade les CRS sont placés en ligne comme une équipe de rugby défendant son pré. Mon briquet acheté à Mayotte il y a deux ans, qui avait bravé l’avion, l’Océan Indien, les contrôles visiteurs à Gerland, et tout et tout n’y résistera pas, abandonné comme une grosse merde dans une boite en carton.. eh oui la pince ! Le Yag est toute excitée à l’idée de voir un match, inconsciemment me revient en tête ce passage avant Lyon/ Bordeaux avec toute la clique, quand un CRS aux abords du virage visiteurs lui demande d’où elle vient « Ben, de Lyon. »……. Complètement à la rue, de quoi énerver Baud et Cisco.

C’est en entrant dans ce stade vétuste que je me suis cru à Kiev pour admirer BANGOUROU. Memes gradins délabrés, pas de protection contre la pluie, piste d’athlétisme, écran géant en panne, stade couleur ocre.. tout pour déplaire. Seuls les tifosi nous rappellent que « Porca Troia, Porca Puttana,.. » sont des expressions de la Botte et non de la petite Russie. Le score au fait ? 1-0, on passe seconds et on s’en fout.

L’Ukraine, la vraie, c’est pour bientôt les Ladz.

Sous la "junte", la gent

[Injâ kheïly djâleb-e. Fekr mikonam ke djâleb râstesh yek kalame râ dorost-e].

« Enqelâb », lancent à la cantonade les pilotes de savari (taxis co').
« Enqelâb », célèbrent encore, avec 3 décennies de recul, les fresques colorées du carmin des tulipes et du raisin des martyrs.
« Enqelâb », indiquent mes coordonnées postales.

La « Révolution ». Terminus des illusions, plongeons oreilles et binocles au cœur de la foule qui arpente et « fait » aujourd’hui downtown Tehran. A l’entour de la place Enqelâb, donc.

Poumon universitaire du pays, la khiabân-e Enqelâb (avenue) abrite d’innombrables facultés, librairies, ou encore centres de TOEFL déversant par haut-parleurs et à longueur de journée de la leçon d’angliche. Hyper-centre de la capitale, l’endroit est synonyme de brassage de population, théâtre des rencontres d’étudiants et de pintades de la bulle du Nord comme de gardiens de la tradition. Cinoches, sweat-shirts siglés UCLA, Michigan ou Florida State, cybercafés, bistrots se rêvant germanopratins…le kaléidoscope des loisirs de la jeunesse se met toutefois en veille le vendredi matin, quand vient l’heure de la prière et que les rues du district sont bouclées. L’appel sacré s’impose alors en BO au pied des crêtes blanchies de l’Alborz.



Voilà pour le décor. Quant aux d’jeuns du cru…

- M., 23 ans, mastérisant en littérature française, entend faire la lumière sur « l’influence de l’hindouisme dans la poésie de Charles Leconte de Lisle » (pas mieux…) ;
- S., 27 ans, Kurde. Rech. JF Europe (la « voie romantique ») pr fuir à tt prix. Sa réaction quand je lui ai avoué une parenté en Euskal Herria: « So you understand what colonialism is ». Et Pan ! Dans la grande gueule de La Morluche.
- B., 30 ans. Bachelor de Science-po et major de promo. Partage son temps entre futsal, balbutiements de français et introduction à la sociologie dispensée à de précoces lycéens. Remplit actuellement son dossier de bourse pour l’IEP, 2008-2009. Insh’allah…
- H., 26 ans. Arrière au genou en miettes. A effectué son service militaire, puis pris 15 kg de créatine en moins de 6 mois. L’espoir tourné vers la Norvège et sa florissante industrie porno.
- A., 32 ans. A vécu 10 ans aux Pays-Bas, jacte un globish parfait. Dirige une boîte d’import depuis Dubaï. But : faire la nique à l’embargo.
- N., on ne demande pas son âge à une fille. Fière de son Ispahan natale, elle semble regretter que son manto, identique depuis plusieurs années, ne convienne plus vraiment aux bonnes mœurs ces derniers mois…
- H., 19 ans. Francophone après de tendres printemps sur le plateau de la Duchère. Ne jure que par le « business », et juge que « les femmes sont ici très libres, etc. ». Une misogynie dictée par des babines bileuses et un sourire à la Frédéric Nihous ?

Tandis que des grappes d’étudiantes en tchador strict pouffent en engouffrant des burgers à la papa, que La Mauvaise éducation d’Almodovar a pignon sur trottoir, que s’effectue la relève des stands de DCA, qu’un bourgeon de couple se tient la main en piétinant la tentation totalitaire, qu'on s'engueule aux pompes à essence…sifflent en un resto branchouille les accords d’un klezmer…qui en ces lieux paraît irréel.

« Enqelâb », quand l’inattendu se fait quotidien. Ooh putain, ça c’est beau comme les yeux des Iraniennes. En faisant bien sûr injure à ces derniers.

PS : Irancell vous souhaite une « Bonne semaine des bassidj ».