dimanche 27 avril 2008

Heineken Cup: tout dans la modération


Le GPRC next-generation peut se targuer d’organiser des matchs amicaux en tout genre, comme l’ENS ou Lyon II. Mesdames et messieurs, je viens d’obtenir mieux.. Marre de chevauchées fantastiques sans trompettes, de grandes envolées sans soutien ? Je rentre à peine de la seconde demi-finale Munster- Saracens et la RED ARMY serait prête à soutenir Sciences Po Lyon Rugby ! Je vois déjà Vorano fêter son hat-trick en répondant à la foule irlandaise éméchée.. Vibrons les amis sur « Fields of Athenry », et applaudissons ces grands amateurs du rugby !

Le week-end que je viens de passer a été très studieux, je pourrais à présent candidater au poste de « Manager Coupe du monde » après le départ des viandes de deuxième année vers d’autres contrées.. Les demis finales de la Heineken Cup se sont tenues respectivement à Twickenham et Coventry et ont tenu toutes leurs promesses.. Tout a commencé hier avec la première affiche Stade Toulousain- London Irish, ces exilés qui n’avaient rien à perdre, et attention,… tout à gagner. Bien calé auprès des supporters de ma chère ville, j’ai pu retrouver ce si bel accent chantant qui manque si cruellement sur les berges du Rhône. Environ 1 000 Gitans avaient fait le déplacement, certains en voiture et ferry pour encourager des Rouges et Noirs décimés après les blessures de Clerc, Poitrenaud et Kunavore. Les London Irish n’ont pas démérité, et sont la preuve que les ailiers ont un vrai rôle dans le jeu ( à apprendre à Rosset) : deux percées de 45 mètres de Fidjiens bons à tout faire, et ca file à l’essai ! Toulouse l’emporte 21-15 et se qualifie pour sa cinquième finale..

De nombreux supporters de la province irlandaise du Munster, où se situent notamment les villes de Cork et Limerick, avaient dès hier fait le déplacement à Londres pour supporter leurs petits frères des Irish Exiles. Je ne remercierai jamais assez l’un d’entre eux, qui d’un élan de générosité, m’a offert une place inattendue pour la seconde demi-finale de la Heineken Cup.. Ce Munster-Saracens a démontré une fois encore l’engouement de toute une province derrière son équipe. Une incroyable chaleur humaine, une cordialité, et une bonne descente également ! Plus de 20 000 Irlandais bien roux se sont égosillés pendant toute la rencontre, face auxquels les Saracens bien plus timides n’avaient que peu à répondre.. La ville de Coventry, bombardée pendant la guerre sous l’indifférence de Churchill, a semblé revivre aujourd’hui. La teinte rousse des milliers d’Irlandais a en effet ravivé une ville qui en a réellement besoin. Côté match, que dire ? La différence s’est sans doutes trouvée dans la forçe collective de chaque équipe. Les coéquipiers de Paul O’Morlon ont su en effet se souder devant, tout en ouvrant le jeu vers les ailes et notamment Doug Howlett-Packard. Ronan O’Garoux faisait le reste. Les Saracens, qui paraissent pleurer encore Thomas Castaignède, pourront nourrir des regrets, mais c’est bien le Munster qui affrontera le Stade Toulousain le 24 Mai à Cardiff. J’y tenterai cette fois d’obtenir un autographe de Jean Abeilhou pour le club-house, et une dédicace spéciale de Franck Mesnel-Je me la pète spécialement pour Morlon qui l’apprécie particulièrement..

lundi 21 avril 2008

De Voragaz à Voragerbe: Innover pour faire payer

Lundi 21 Avril, Oxford.. Huit degrés, temps maussade.. Un Jacques Hessler en herbe s'en donnerait à coeur joie sur la BBC locale, tipo " Des pluies éparses sur la plaine du Cotentin", voix nasillarde fournie.
Néanmoins, malgré le côté mélancolique de la situation, je rentre ici la tête dans les étoiles, et Laurent Boyet n'a qu'a bien se tenir. !! IRAN, IRAN!! Loin des fantaisies de PES, de ses Ali Daei et Kharimi lancés au son des cithares et tambours troués.. Une culture riche et étonnante, un raffinement, subtilité dans tous les gestes, les visages.. Du bassedji au taximan on connaît au moins quelques vers de Hafez ou Saadi, deux grands poètes shiraziens. Le farsi est un délice de douceur, son manierisme y est flatteur et reposant.. "Que votre main ne souffre pas; ne soyez pas fatigués", en français dans le texte. De même, à l'opposé, les nouveaux préceptes post-79, l'avènement de nouvelles idoles avec commes figures de PROUT les deux guides (non Marc, pas le Lonely ni le Petit Futé), K et K.. Le tombeau-mausolée du premier tente sans doutes de rivaliser avec les plus beaux ouvrages d'art musulman de son pays, mais il sombre dans la ququterie de bas étage, le fantasmatoire, l'atroce. Ne soyons cependant pas si catégoriques avec le régime.. L'interdiction pour les femmes d'assister à un match de rugby nous aura au moins permis de rencontrer une famille iranienne, goûter aux plaisirs des toilettes turques,..( Massoud, je te salue). L'archipel blanc de Natanz, au sud de Téhéran, nous a également gratifié de quelques sensations fortes_ mirradors, 254 chars disséminés le long du complexe,..qui a dit Holywood? Et au milieu de cette ambivalence dichotomique peuple-régime, osons les grands mots et la généralisation merde, quelques étrangers, khaqedji, dont les expériences pendant une année mériteraient vraiment l'intérêt d'une quelconque maison d'édition ou journal. Cher Denis Pryen, vos éditions ne sauraient se passer des services du charmant aventurier Vorano-Novara-Veranou-Nafarov.
Ce natif de Lyon est en réalité un vrai Tabrizi, bien que certains le soupçonnent d'être Afghan. Le mystère incarné. Cheveux et bouc "Aux Vents de Perse", notre cher président du GPRC ne chôme pas, est devenu bilingue en farsi, et réinvente le style Charles de Foucault. Sandalettes en cuir de Machad, banane, et c'est parti pour une immersion complète en Farsistan: déluge de paroles, d'Arédighé, Nadighé, Radighé, (Raymond? Le Diable Au Corps? pff..). Pour un peu il se serait lui aussi scalpé récemment le crâne à Qom.. Si vous le cherchez dans Téhéran, rendez-vous place de la Révolution, Enqelab, puis remontez cette fameuse rue uniquement bordée de bâtiments administratifs. L'Université de Téhéran y est protégée par un canon et des soldats qui se murgent à l'Iskat, bière musulmane aromatisée. Le seul immeuble habitable de cette vibrante Choundzah Azar Street est celui des deux compères lyonnais. Rémi vit en effet en couple avec Marc, Toulonnais de coeur, la même moustache que Daniel Herrero ou Eric Champ. Marc est aussi un aventurier de l'extrême, réfléchit avec les deux hémisphères de son cerveau, et ose les grandes tirades à la Bougrain-Dubourg. Il n'aura malheureusement pas été des nôtres durant notre escapade bucolique à Ispahan. Je ne peux faire abstraction des quelques finesses hilarantes qu'il a pu "asséner" à Téhéran envers un Rémi dont les qualités athlétiques ne smeblent plus à démontrer: il aurait cette fois soulevé une table entière..

Roi du monde, ce Voragaz. Et grand fumeur, comme Morlon. Le Parlement iranien a cru avoir la brillante idée de supprimer le narguilé, pourtant composante même de la culture persane. Peine perdue, le Majlis a dû y renoncer, et seules les femmes aujourd'hui en auraient l'interdiction de jure.. Hein Manon? Quant aux hommes... ils sont actuellement encore en mesure d'en consommer jusqu'à s'en rendre malades... Qui a dit qu'on ne pourrait pas faire payer Vorachicha?

La fatwa alcoolique prononcée en septembre 2007 contre les deux traîtres, VoraEAU, et Judas (moi-même), est à présent conclue. Débutée dès Novembre 2007 lors d'un passage éclair à Rome où j'ai vraiment bien payé de mon foie, la mission VORANOV paraissait sur le papier beaucoup plus ardue. L'Iran, terre de tolérance, interdisant l'alcool, il fallut INNOVER POUR FAIRE PAYER. La proie est un dur à cuire et résiste à toutes les offensives culinaires. Un dizzi de Cappadoce bien piloné ne l'effraie pas, un kale pache matinal (bouillon de mouton avec poils, yeux et dents) non plus.. Le subterfuge fut donc de tenter l'overdose de narguilé, ou qalioun en farsi.. Entraîné, ce bougre d'âne a fini par céder à la troisième tournée de GILLOUN. La suave odeur de la fumée à la poire l'a rendu de suite titubant. 10 minutes après arrivaient les premières chaleurs..l'hyper sudation, la marée.. Un bref répit, une bouffée d'air, puis le dénouement. Je dois remercier un taximan albinos teherani qui a fait avancer la procédure: une vive engueulade avec Voraflush déjà pas très frais, puis une marche arrière sur l'autoroute.. C'en est trop: VORAGERBE expulse par la fenêtre du taxi!! 50 000 points, et primes d'éloignement/ contexte.

Le reste de notre séjour au Moyen-Orient fut beaucoup plus calme. Le Qatar est un pays en plein chantier, un mini-Sarajevo. Rien de mieux que les fastes d'un Club Diplomatique 5 étoiles avec sauna, hammam, jacuzzi pour oublier le temps d'un après-midi l'effervescence de Doha. L'autre solution anti-stress est plus périlleuse: se rendre dans le désert, dévaler les dunes en Hummer jusqu'à rejoindre la mer intérieure. Dépliez la tente, sortez le saucisson et le Ricard ramenés en douce dans la valise Samsonite, puis narguez les officiers à la frontière saoudienne, de l'autre côté du rivage, en dansant avec Justin Bridou.. Mythique!!

Tiens, 13h... l'heure de la pause.. C'est dur la vie à l'IEP..

vendredi 4 avril 2008

Dévotion Derby

C’est sans doute la saveur manquante de l’année. Morlon et le Bôde tifoseront ma Lazio chérie vers la pérennité de sa suprématie palatine, alors que le Crit se déroulera dans un esprit « bon enfant », avec perruques et beaux perdants…j’avais mon besoin d’adrénaline en tribunes, de télescopages pour une écharpe, de doigts d’honneur à la grand-tante de l’arbitre de touche.

Y’avait donc une visite à ne pas rater. Le « clasico » persan, ça sonne comme un sujet de France 2 Foot. Pirouzi-Esteghlâl. Téhéran. Les rouges vs les bleus. Persepolis-Tâdj, que ça aurait donné au temps du Shah. Si la couronne (=« tâj ») n’a plus vraiment la côte sous la R.I. et a dû se fondre en « indépendance », Persepolis est éternelle. Peu importe que le billet du choc (1.50 €) ou les compte-rendus officiels de Persian Gulf League indiquent « Pirouzi » (=la victoire), du carmin sur une pelouse, pour un Iranien, ça reste ecco.

Persepolis-Esteghlâl, on y arrive. Les 2 clubs les plus populaires du pays, sources d’une question identitaire inévitable, genre « Enchanté de vous rencontrer, vous êtes plutôt esteghlâli ou persepolisi ? ». Cette saison, les premiers cités duellent pour le titre, 4 points devant les « indépendants », décevants quatrièmes. Mais ça, vous vous en carrez…

Pour assister au clash de l’année, faut prendre place au stade « Azâdi » (=la liberté). Maracana moyen-oriental, ses 100 000 places de béton trouvent à 90% preneur pour l’occase. Kif’kiffe question effectifs des allumés en gradins, l’arène est parfaitement bicolore.

Lequel public est bien sûr tout en testostérone. Ces demoiselles peuvent se replier, entre autres, sur le basket-ball masculin, mais qu’elles laissent la ronde vessie made in Bangladesh et sa symphonie triomphante pour testicules duettistes en insultes majeures se jouer à la téloche. Le foot, c’est une affaire de connaisseurs. ‘le dira jamais assez, non mais.

Bon, on se pointe aux alentours du colisée d’un jour, déception, l’ambiance sent la barbe à papa pour un derby. On oublie les coups de cutter napolitains, les lynchages d’un samedi afternoon à Brixton ou la pyrotechnie à balles réelles de Medellin. Les copains viennent au bâzi (=jeu, par extension match) bras dessus - bras dessous, et les grimages rouge et bleu se mêlent lors des accolades. Ca refoule le tournoi Sciencesport parrainé par Dany Boon, quoi (comment ça, Sciencesport n’a jamais organisé de tournoi depuis que notre promo est iepienne ?). Les milliers de képis réquisitionnés pour l’évènement ne vont pas beaucoup se servir de leur quincaillerie, c’est Patrick Montel qui va être content, alors que d’autre et son « Rrrôôh Jean-Michel, écoutez, ceuh staâadeuh, quèèèlle ambiance… » doit s’en retourner là où on finira tous.
La fouille est tout de même plus prometteuse : « ces piles, là c’est… ? » « …pour mon appareil photo, là ». « Ah bon ok, allez-y, hello (ndlr : en anglais dans le texte) ». Manquerait plus que j’ai une ganache de supporter de Galatasaray. Qui z’y viennent, tirer des corners sous mon nez…

Le coup d’envoi est à 15 heures, comme pour un bon vieux Atalanta-Bari. Seulement pour être bien placé, mieux vaut entrer dans la place à l’heure des Minikeums. 9h-9h30, 10h pour les lève-tard. Pas grave, on a le temps de faire connaissance avec les voisins autour d’un thé, de jouer le temps de raccroc de sa grasse matinée, d’acheter un marcel de polyester assorti à son escouade favorite. Pour l’info sans importance, j’étais au cœur du virage persepolisi. Rôti une demi-journée au soleil, j’étais roooouuuuuuge…

"perse" [pèrrrsé] signifie « cul » en finnois. Bon, et « polis », suivez mon regard... si c'est pas de la banderole limite-limite, ça...


L’enceinte se remplit (la nature, quand on y pense) pour exploser à l’annonce de la composition des équipes. On ponctue chaque portrait d’esteghlâli d’un « trou… », hmm disons de circonstances. Et vice-versa, les « Bad gones » n’ont rien inventé. L’euphémisme magistral, z’avez noté ? Cinq minutes de boxon plein précédant l’engo : appel à la prière, lâcher de colombes auparavant trempées dans le mercurochrome, ola et danse du ventre, on sanglote ou se met sur la gueule, c’est la transe. La Kro’ débouchée, piccolo-f…bon le championnat iranien reprend ses droits.

10 minutes de jeu, à peine 600 secondes putain, et v’là que les âbi (blues) ouvrent le score par leur avant-centre plus « fox in the box » que Djibril Cissé. Question pointe de vitesse s’entend, parce que quand il s’agit de faire parler la poudre, il sait s’en servir du pointard, lui, le tehranais. Consternation chez les reds, de courte durée car ‘va maintenant falloir pousser.

Première salve qui passe à ras. Les esteghlâli « ouffent » de soulagement. « Kiiir » (=la bite), en est notre aérienne réponse.

Vient la demi-heure. Mauvaise relance bleue. Plein axe, forcément. Rougerie, sort de ce corps. Bref, contrôle vermillon du bas-ventre, crochet à la Rosset (désolé David, tu n'me semblais pas trop mauvais en plus…je me permets simplement de placer ton nom pour satisfaire les conventions d’effet comique en vigueur sur ce blog, enfin…), conduite de palla morlonesque (on se le figure plus déjà là, hein ?), on fait « bouh ! » à un libéro qui drapeau-blanquise comme Melaine. Face au gardien, suffit d’arracher une escalope avec le tibia, et la baballe trottine derrière la ligne. Même pas besoin de vidéo, 1-1.

Bon, mais reste plus d’une mi-temps à mater de la DH en plein cagnard. Non j’suis méchant, ça reste distrayant. En plus, l’arbitre est espingouin (désolé), s’appelle Gonzalez. Et d’un coup, plein de gars oublient la Reconquista (« c’est pas la même Histoire nom de D… ! - oui mais moi j’ai eu Velud en DUMAC …- bon, ça ira pour cette fois ») et se proposent de jouer à zizi-panpan avec la madre tout en raccompagnant le fiston à l’aéroport Imam Khomeiny. Au crédit des poètes, deux « sanctions écarlates », ça énerve. ‘Devraient être au courant, chez les tauromachistes.

La partida s’écoule sans climax, prend fin dans une lassitude générale qui ne verra s’échanger pas plus de 2-3 châtaignes. Et comme la police est prompte à intervenir (d’aucuns diraient zélée, voire hystérique –et d’autres, tout en mauvaise foi, leur répondrait de "se calmer, Baud"), j’ai aussi droit à mon coup, disons contact, bon allez tâtonnement, de matraque de la République islamique d’Iran.

C’était z’y pas un beau jeudi ?

PS: cajôleries iepiennes à un certain Jean Tessier, qui a reussi à se faire oublier...

mercredi 26 mars 2008

Un crit', c'est sale.

"Droit: le Crit' est une zone de non-droit"

Ha-ha.

On compte sur nos catins favorites, d'Alex -coupe du monde- Gilioune au CuCu Klan en passant par cette petite vérole de Gabiroshima ou La Ruta, pour en présenter, du gros tarif à même la "charte".

Votre sacrifice ne sera pas vain, Lyon 2009 c'est déjà demain. Putain c'est beau comme du Gilardi. Hein, Arsène ?

Et n'oubliez pas, dans la possibilité de Lille, visez Wandrille.

mercredi 12 mars 2008

Izarraaaa


Et bientôt je le promets mes premières impressions sur Oxford..


Je tiens simplement à rendre hommage à la liqueur sacrée, notre chouchen basque, notre hydromel luzien...


mercredi 13 février 2008

Le bouclier de Barbus

Il m’aura fallu une semaine pour me remettre de la 3e mi-temps thé vert-branlette qui a suivi notre folle victoire. Il est aujourd’hui temps de vous raconter l’incroyable épopée du TRUC, les orteils dans le Golfe.

A peine tiré des neiges du Caucase qu’il faut trouver de la place dans la valise : maillot de bain et paréo sont de sortie, escapade sur les plages de l’île de Kish, ses 25°C de moyenne en février et son horizon sur les EAU. Au programme peu de bronzette toutefois : on a un « Second Fajr rugby seven’s tournament » à remporter. C’est que je n’ai pas validé un semestre universitaire en stages commandos quotidiens dans un parc du centre de Téhéran pour rentrer bredouille. Dès l’atterrissage, ambiance « Yeux dans les bleus » du pauvre. J’me fais conduire à l’hôtel. Equipe introuvable. « Rejoins-nous à la piscine olympique. On est au sauna », m’apprend H., full-back et vigile de banque à ses heures perdues.

La joyeuse troupe récupère dans le jacuzzi. Le bain est noir. Faut dire que les gros enchaînent les entraînements, et que là, ça doit être l’heure de la douche. Peur de manquer de courtoisie, je plonge dans l’azur changé en fange. Au moins, elle est bonne. On m’accueille avec de grands sourires, s’assure que j’ai respecté un programme sérieux de renforcement physique à Erevan (où j’aurais au moins fait le plein de sucres lents), me met au parfum du nouveau rugby’zness iranien : le TRUC n’est plus, on représente désormais Kish. Un peu à l’image de la Fortitudo Bologna, on vend notre âme (celle du Tehrun Dirty South) à un mécène soudainement passionné. Enfin, on peut grâce à « Oncle Mohsen » (nous ne l’appellerons qu’ainsi tout au long du séjour), se balader dans les centres commerciaux dans nos beaux survêts adidas contrefaits. Logés (bungalows sur le front de mer), nourris (médocs coupés au kebab)…on ne doit avoir que le rrweugby en tête. Double ration d’étirements et de répétitions tactiques, et sieste pour digérer le rab’ de créatine. J’mange pas de ce pain-là. Et ça commence à en faire s’impatienter quelques-uns de me voir reculer à chaque impact, tout en conservant une place de titulaire d’abord due à mon statut de « French légionnaire ». Rions-en.



J'vais faire cracher ses anabolisants à Asghar, 1m92, 110 kilos sans doute d'ascendance ossie.



Pendant ce temps, les autres délégations se pointent. L’Ararat Rugby Club (devinez d’où…) et Bakou descendent dans le même hôtel. Pour la confrontation évènement, faudra toutefois repasser : match nul sur tapis vert de peur que la pelouse ne se transforme en Karabagh. C’est rageant, d’autant que le sympathique Yildegirz, capitaine azéri, m’avait promis du 100% chocolat. De quoi se souvenir des Beaurepaire-La Voulte du bon vieux temps (qui a dit qu’on jouait aussi au rugby dans le Sud-ouest ?)…L’esprit féria n’est pas vraiment au rendez-vous. Pas même un banquet réunissant tous les participants. Télévision couvrant le tournoi, écrin superbe (8000 places…vides), remise des récompenses en présence d’officiels gouvernementaux…y’a encore du chemin avant que l’Iran n’adopte la « culture » ovalie. ‘Va sans dire que mes Grosses Putes me manquent, et que ce n’est pas la rumeur d’un tonneau de 22 litres de Cognac arménos qui me fera oublier le désir fou ne serait-ce que d’un demi de Stella tiède.

Lundi 4 février, coup d’envoi. On renvoie Bakou sur les rivages mazoutés de sa Caspienne (19-5), avant de taper Kermân, puis…premier os, on connaît les affres de la branlée sous les appuis déroutants du n°10 de Shirâz. Merci le « légionnaire » et ses cannes restées dans les 22 adverses. Le coach commence à flairer l’arnaque, et décide de me faire tâter du banc…pour y rester. Faudra que j’me décide à mater The Substitute, et que j’en débatte avec La Morluche.

Le soir, les bachohâ (gars), abattus par la défaite, trouvent à peine la force de sortir lécher les vitrines des centres commerciaux détaxés de l’île, classée zone franche. On se console à grands renforts de cachetons. Et y’a pas que de la Juvamine au menu. Mains dans les fouilles, tongs grande classe et polo Lacoste retartouff’, j’ai du mal à saisir la déception ambiante . C’est que je n’oublie pas d’où je viens. L’IEP de Lyon…

Le lendemain, on joue notre tête. Deux victoires difficiles et un match nul (les tripes des Arméniens) plus tard, on est en demi. Alors que les favoris de Shirâz viennent de se qualifier aux dépens des « Arabes » du Khouzistan, faudra qu’on tape les « Turcs » de Tabriz pour avoir les honneurs du prime-time. Deux fois sept minutes bien menées nous propulsent en finale. C’est plus que jamais l’heure des « insh’allah ». Comme dans un Téléfoot spécial « Eléphants à la conquête de la CAN », on prie. On embrasse le Coran et on monte au front.
Faut croire que Dieu a bien choisi. Devant 12-5 à la pause, on encaisse 2 « tries » alors qu’il ne reste qu’une poignée de minutes (c’est beau, on dirait du Pascal Praud). J’encourage les amis à goûter au vice (et au désormais grand classique du « marron azéri », que je me ferai un devoir d’importer dans les environs de la Doua au printemps 2009) et à ne pas se laisser abattre. Regroupement à gauche…et ça part. Passe-redoublement-passe…oh putain on envoie enfin au large…passe-à l’aile pour celui qui m’a remplacé au pied levé…un-deux-trois-raffûts et il s’en va honorer la Terre promise. Les mouches ont changé d’âne, la cabane s’est effondrée sur le chien shirâzie. Crise de larmes chez les Tehr..euh, les Kishis. Mes coéquipiers se précipitent sur un bout de gazon, et je croie assister à un remake de l’insupportable communion des grenouilles de bénitiers auriverde fêtant autour de Kaka leur pentacampeao. Mais les pleurs sont vite séchés, il faut répondre aux sollicitations médiatiques. « Aï am’ euh skaïrockètteuh », articule mon pote H. Avant de souffler une connerie (en persan « koss-e she’r », ou « poésie de la chatte ») du genre « Maintenant faut prendre les matches les uns après les autres et ne jamais oublier de ne pas brûler la peau de l’ours avant de l’avoir vendue ». Dans l’euphorie d’une gloire pourtant bien confidentielle, les bachohâs se prennent déjà à rêver de Top 14. Mmouais…j’aimerais pouvoir dire « j’y étais » quand le premier Iranien plaquera pour le Stade olympique givordin.

Médaille dorée autour du cou, accolade des pontes du régime délégués à la baballe. On est paré pour chasser la Philippine. On loue des bicycles, danse entre mecs sur la jetée, mange une pizza à minuit. J’ai du mal à leur expliquer ce qu’est le Crit’. Sciencesport ferait bien de se délocaliser en République islamique.

Bah, la nuit est belle sur le Golfe persique. Et je viens tout de même de gagner 30 crédits ECTS avec mention.

dimanche 10 février 2008

Si je t'oublie, Jer...

…evan.

« Alors Rémi, pourquoi l’Iran? », m’a demandé La Veule.

« Parce que l’Arménie », aurais-je dû lui répondre en toute honnêteté.

2 ans et une poignée de mois après le coup de foudre, j’étais de retour en Hayastan. Tentative de bilan…

Back in USSR (l’empire, pas le strip-club de la rue Nalbandian), aurait intitulé AndriJudas. Pas vraiment, plutôt un coup d’œil sur l’ordinaire de la CEI. Et ça se sent dès l’atterrissage. « No adrrresse in Arrrmeniya, no vîza », m’avertit un troufion à la méfiance aiguisée sur les bancs de l’école soviétique. J’ai beau siffloter « La Bohême », jamais mon passeport gaulois ne sera inspecté sous autant de reliures.

Une fois dehors claquent le -15°C et les néons des casinos bannis de la municipalité d’Erevan, le long de la route de l’aéroport. La taxi file dans l’hiver caucasien sans pouvoir toutefois éviter les barrages de flicaille la jouant tatillon histoire d’arrondir ses fins de mois (non mais depuis quand la ceinture est-elle obligatoire ?!).

Sous la glace, Yerevan se transforme doucement. Les globaux Mango et Adidas-store concurrencent désormais la saperie génialement baptisée « Bureaucrate ». On a expulsé des dizaines de familles du centre historique pour creuser la « Northern Avenue », artère appelée à « refléter l’Arménie du XXIème siècle », sur laquelle Giorgio Armani a déjà réservé la vitrine-phare. Les ancestrales Lada se font plus rares que lorsque je les avais découvertes, remplacées par les SUV toutes vitres teintées des « big guys with big cars », nouveaux maîtres de la jeune république. Les cinquièmes élections présidentielles, qui se tiendront dans 2 semaines, ne révolutionneront pas la donne. La victoire annoncée de Serge Sargsian, jusqu’alors premier ministre, pourrait pérenniser la confiscation d’une croissance à deux chiffres par le clan des « Karabaghtsi », les proches du président sortant Kocharian. Pris au piège de la question sécuritaire, dans l’étau géopolitique transcaucasien où s’affrontent les intérêts de plus grandes puissances, le pays peine à offrir des opportunités à une jeunesse pourtant formée et avide de saisir sa chance, et qui du coup se prend à rêver d’exil.

Diplomatie.

Ca, c’était pour la chronique « Grand amphi ». Le reste des souvenirs se noie en des miscellanées de duduk et de Vissotski, façon plagiat-du-pauvre de notre chère Sophie Ligneron : p’tit-déj arrosé au cognac (« aux rencontres », « à la jeunesse », « à la santé du peuple, foutre ! »…) ; conte de fées mafio-moderne de « Doddy Gago », marié, 36 ans, 6 enfants, carte de visite pour le moins fournie (champion de lutte, propriétaire de la grande distillerie Noy –par ailleurs l’un des meilleurs musées qu’il m’ait été donné de visiter-, membre du comité olympique arménien, fondateur et président de parti politique, etc.) ; déambulations au gré des casquettes de l’Armée rouge, des jeux d’échecs (à ma gauche, les présidents US, à ma droite, les secrétaires généraux du Parti…) et des bannières du Haut-Karabagh débordant des étals du Vernissage ; Kotayk et vins du Caucase dégustés sous les Uzi ornant les murs du « Che Guevara » tenu par un Arménien de Beyrouth ; incruste dans les studios de la privée TV Armenia (où l’on retrouve nos « big guys with big cars »)…

Deux et demi après, je n’ai même pas à conclure. Je reviendrai bien assez tôt vers ma terre promise.

Givoranal

vendredi 1 février 2008

Alleluia...

...Le furet est là.

Judas?

mercredi 16 janvier 2008

There is strong... and there is Javert Strong.

Alors que les disciples de Valjean et autres Gavroche en mal d'irresponsabilités ("Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire..." Non connard t'avais qu'à faire tes lacets), je retrouve Javert de l'autre côté de l'Atlantique.


Training commando, remercions le 2nd amendement. Tous ces ouvriers dégueulasses ne passeront pas, diantre. Foi de Javert, Valjean n'est qu'un pédé!

samedi 12 janvier 2008

Joue-la perso.

Salamalek,

je ne déserte pas mais me diversifie seulement:

en-avant-teheran.blogs.nouvelobs.com

Un ton quelque peu austère, plus dans les cordes de L'Harmattan, quoi.