lundi 26 novembre 2007

2e étape

Cette semaine, Bibi a marqué des points au classement des lads. Dans la joie et la bonne humeur ! Au programme de ce weekend de Thanksgiving : de l'ennui... à combler avec des petites blagounettes qui ne font pas marrer tout le monde.


C'est pourquoi je m'octroie 10.000 points pour le quadruple combo tapisserie en journal - inversion de chambre - farine sous ta porte - eau sucrée aussi. Au final, un beau bordel dans ma résidence. Woupi !!

Et à raison de 2.000 points par camion de pompier et de 1.000 points par voiture de police, +10.000 points dans la besace pour avoir fait ameuter 4 camions et 2 voitures en cuisant une pizza. Sont sur les nerfs en c'moment, j'te jure...

dimanche 25 novembre 2007

Sur la route

4h30 de cours/semaine, ça laisse le temps de se taquiner le kebab.

Et de voyager.

Alors que la météo était à la pluie sur Téhéran et que l’Alborz se parait de névés, le Sud s’imposait comme le cap à tenir.

Explosant le par horaire fixé par tous les guides touristiques, le bus (bien prononcer [otobousse], car un simple [bousse] est un baiser) avale les 250 km d’autostrade du « Golfe Persique », au gré des étendues semi-désertiques, d’une casse de tanks, de Qom ou d’un grand lac salé, pour nous déposer à Kashan, oasis cher à Shah Abbas, et dont les tapis ont fait la réputation multiséculaire.

Frénésie du bazar, entre épices, « FunStation » (made in China) et carpettes, et gloire fanée des mansions de grandes familles locales (note : où se pose alors la question du patrimoine, de son sens et de sa gestion) se mêlent là en un joyeux c(h)œur urbain. Forte proportion de « Turco-mongols » et autres « Chinois » (let us rashly generalize), tchador de rigueur, motards sauvages arborant keffieh et haillons de bandeau à la Moshe Dayan, bâti tout en badgir (« tour du vent », soit un système ancestral de climatisation…) et pisé…le touriste occidental se fait espèce rare ici-bas.

Kashan, 9-4 style.

Trois jours savourés, loin du gigantisme tehrani. Où comment prendre le temps d’une omelette sous les voûtes d’un caravansérail, du climax d’un Pamuk sur les marches de l’école de théologie d’Agha Bozorg…de siroter, dans l’allégorie paradisiaque des Jardins de Fin, un thé malheureusement bien seul sans l’indispensable qalyan (note : il n’y’a apparemment pas qu’en France qu’on fait la chasse à la fumette…mais ‘semblerait qu’ici les fermetures en règle d’établissements de qalyan –dénomination persane de l’arabe chicha et de l’Egyptien narguilé- n’obéissent pas qu’à des impératifs de santé publique). Crochet, en longeant le fameux « complexe militaro-industriel » de Natanz, par la montagnarde Abyaneh (patelin labellisé Unesco) et ses dédales ocres de poussière, d’ânes, des voiles en fleurs de ses anciennes…

« C’est l’Orient », fantasmé par Montesquieu puis Velud, qui nous a ce week-end cligné de l’œil. L’Orient qui accueille, l’Orient qui s’effeuille…l’Orient qui offre aussi (histoire de venger le « tip » réclamé par un aubergiste soudainement anglophone, nous avons à la lettre appliqué le [qable nadare], soit la formule de [tarof] signifiant « vous ne me devez rien », que tout client se voit opposer au moment de passer à la caisse…du pain gratuit pour les [khareji] - = étrangers-, y’a pas d'quoi être bien fiers…).

Sur le bitume mité de la route du retour vers Téhéran, des familles sautaient du bus au milieu de nulle part.

Comme au hasard des pages de Kerouac.

mardi 20 novembre 2007

Rroooooh...prive de desert.

Putain, fausse-joie.

J'aurais dû prévenir la frileuse diplomatie francaise encore plus tard...

Merci de nous avoir avertis. Nous avons interrogé le Consul et notre conclusion est la suivante : Interdiction de notre part de vous rendre dans cette région, trop exposée. Les autorités iraniennes au plus haut niveau auraient dûe être averties. Je comprends votre déception, mais cela est incontournable.

Et La Veule qui la ramène, comme si ça suffisait pas:

Je viens de recevoir le message de D. Ne vous exposez pas inutilement, et surtout contre l'avis de l'ambassade qui est votre garante durant votre séjour.Vous allez être déçu. Vos camarades iraniens doivent vous comprendre.

De toute facon, l'équipe ne se rendra finalement pas cette semaine a Zahedan. Problème de budget, d'entente avec les autochtones...frustration à demi-attenuée donc, que je pourrais bien laisser exploser lors du toucher prévu a la place face aux vilaines Anglaises...

"A faire avant de mourir"

Le classement du GPRC n’attendait qu’un leader digne de ce nom. Je m’autoproclame ainsi Ayatollads à vie, tout simplement irrattrapable.

Et ce n’est pas Bahud, Monsieur-16.95-en-rapport-de-stage, qui le contestera. Il n’a pas reçu de plomb lors du ball-trap autoroutier gentiment organisé par les Irreducibili, ni même participé aux émeutes romaines qui s’en sont suivies. Alors…

Voici l’argument-massue, très chers…le rugby iranien n’est pas sans exotisme, comme en témoigne le déplacement que le TRFC en pleine avant-saison, et son numéro 11 pour vous servir, s’apprête à effectuer…au menu de ce week-end, à plus de 1600 bornes au Sud-est de mon QG,

ZAHEDAN.

Les régions déconseillées sont indiquées en rouge.

Florilège des flatteries littéraires :

« Chef-lieu de la province désolée et anarchique du Sistan va Baluchestan » Lonely Planet

« Le trafic de drogue fleurit dans la région » Lonely Planet

« Ne vous aventurez pas seul ou à pied à l’ouest de Zahedan, dans la zone dite des Montagnes noires : dans ces collines déchiquetées, visibles de la ville, les armes à feu dictent leur loi et le nom du lieu ne correspond pas uniquement à la couleur du paysage » Lonely Planet

« La région constitue l’une des zones de transit du trafic de drogue en provenance d’Afghanistan et du Pakistan, deux des plus gros producteurs d’opium au monde » Le Petit Futé

« Des risques existent. Des touristes ont ainsi été pris en otages en 1999 et en 2003 ( nldr : cace-dédi à l’étudiant japonais de ce début d’automne) par des trafiquants réclamant la libération de leurs hommes de main détenus par les autorités iraniennes. Lourdement armées, ces bandes très actives aux frontières du Pakistan et de l’Afghanistan n’hésitent pas lors de leurs de leurs convois à s’en prendre à l’armée. » Le Petit Futé

« Zahedan constitue l’ultime ville iranienne avant la frontière pakistanaise. Autant le dire d’emblée, les lieux n’ont que peu d’intérêts. Mais les amateurs d’aventures et autres voyageurs désireux de sortir des sentiers battus apprécieront éventuellement l’ambiance un peu « western »… » Le Petit Futé

Une petite dernière pour la route, sans doute ma favorite de par son efficace concision :
" Il est recommandé de limiter le tourisme individuel aux circuits traditionnels de destination touristique et d’éviter, outre le Sistan-Balouchistan - où il est interdit aux étrangers de résider, de travailler et de voyager - les zones frontalières avec le Pakistan, l’Afghanistan et l’Irak."
Ministère des Affaires Etrangères de la République française

Géronimo, donc.
Et laissez-moi vous conter brièvement cette anecdote qui n’a rien de légendaire :

Les chameaux de Zabol

Le Sistan est un riant pays, niché aux creux des versants fabuleux du Croissant d’Or. La came draine bien entendu l’économie de cette paroisse tribale aux allures de Cité de Dieu. Ses habitants, façonnés à la dure, en ont développé un sens aigu de la débrouille : les « mules » ont ici 2 bosses. Conduits dès leurs premiers tâtonnements le long d’une seule et même piste, les dromadaires de Zabol connaissent ainsi par cœur la moindre caillasse de la route de l’héroïne. A leur majorité, ils se voient ouvrir les flancs, emplir de dope…et hue Simone, y’a plus qu’à enclencher le pilote automatique. Ce qui explique les déambulations de caravanes fantômes dans le désert environnant…


Bref, bien loin du Crit’ ou du Clit’, ce périple tiendrait plutôt du « clic ». Comme le chant d’un cran de sûreté qu’on retire à sa pétoire…

Départ demain soir.
A… ?

dimanche 18 novembre 2007

AAA

Suite de mes péripéties judiciaires...

Mercredi soir, premiers "cours" sur l'alcool, dans le ghetto local. Je fais partie d'un petit groupe de 15 criminels à avoir osé boire une binouze dans la rue / s'être fait violé par la police. 14 étudiants, 1 townie. Par n'importe quel townie : le motherfucking townie avec pantalons arrachés et motherfucking doo rag !!


Au programme : récit de nos arrestations respectives, pourquoi qu'on boit, pourquoi qu'c'est pas bien de boire avant 21 ans, film à caractère pédagogique sur un chat qui devient alcoolique ... (j'essaye de mettre la main dessus).

Le townie était très drôle. Morceaux choisis:
"I drink 'cause I love to get drunk !!"; "I drink with ma dog."; "When I had a bad day I go buy a bottle of liquor. After a good day, a 12 pack is enough."; "I got arrested 30 times." Et j'en passe.

*

Dimanche, 15h... j'ai rien branlé du weekend et j'suis encore bourré d'hier soir.

mardi 13 novembre 2007

Communiqué du GPRC Canal Historique

Alors que toutes les putes se trouvent en exil et profitent comme il se doit de leurs pays d’accueil respectifs, un nouvel « incident » avec sciencesporc se produit. Il se trouve cependant qu’il ne s’agirait pas de l’entité sciencesporc dans son ensemble mais plutôt de son ancien trésorier (qui a très certainement du oublier qu’il ne l’était plus) dont l’infantilité s’est encore manifestée dans la création d’un groupe sur facebook qui n’aurait pas lieu d’être.

En premier lieu, nous exigeons le retrait immédiat des photos présentes sur ce groupe. Toi qui aime tant la légalité (« si tu montes dans le bus, Grenoble est prévenu »…), tu devrais connaître l’existence du droit à l’image. Nous espérons également que ce groupe, dont la débilité atteint un niveau qu’il est difficile d’évaluer, va rapidement disparaître et ceci dans ton intérêt.

En ce qui concerne le GPRC, il semblerait en effet que tu ne comprennes pas de quoi il s’agit. Nous n’avons en tous les cas aucune envie de jouer « l’ouverture », mot qui t’est si cher. Comme tu as pu le remarquer (enfin nous en doutons parfois), nous n’avons rien, mais alors rien en commun. Pour nous, le Crit, ce n’est pas la grand messe des footix ou autres mastres ; ni Disneyland d’ailleurs, avec perruques pathétiques sur la tête et sifflets ridicules à la bouche. Depuis le triste épisode de Grenoble, dont la simple évocation a l’air de te transcender, nous n’avons aucune envie « de te faire découvrir et aimer le rugby ». A ce propos, le GPRC, ce n’est pas simplement un club de rugby, c’est autre chose, que tu ne sembles pas saisir.

Nous espérons que le message a été clair et souhaitons à présent ne plus être dérangés durant nos vacances.

GPRC on tour Canal Historique (dans son ensemble, lui au moins…)

samedi 10 novembre 2007

De l’absurdité de « faire » quelque part

Week-end de 4 jours.

Et même pas besoin d’une orgy chez Gaby, Francky et company pour le savourer.

Juste un week-end passé d’un contraste à l’autre de l’Iran.
(Avant-propos "couleur locale": les d'jeuns de la R.I. fetaient dimanche dernier le 28e anniversaire de la prise d'otages a l'ambassade US. Un jour non ferie, au grand dam des etudiants...)

Mardi, doudounes et Columbia sont de rigueur. Où j’emmerde le gros Loïc et ses a priori sur les gens qui portent des polaires. Aujourd'hui, c’est pour la bonne cause qu’on se vêtit en homme des bois. Un 4000 à grimper. Enfin presque : le Mont Totshal, ses 3950 m. Et son téléphérique. Ascension bien maîtrisée, rythme cardiaque qui s’emballe à l’approche du sommet, gerçures innombrables, on s’écroule après une journée de crapahutage…pour ça :

Con-nichon-aaah.


Face à nous le volcan Damavand (5671 m.), n'en rajoute pas. Cône parfait saupoudré de neiges éternelles, il semble veiller sur Téhéran qui s’étale en contrebas, sous son perpétuel voile de pollution. Tartiflette et vin chaud hantent nos vertiges de descendeurs, sans doute encouragés dans de tels délires lorsque nous croisons des filles dont le hidjab s’est oublié aux vents de l’Alborz. Surprise en effet: pas de trace de propagande en vue...la « montagne-refuge » sans doute…vive l’écologie (a ?)politique.

Le lendemain, départ pour la grande bleue. Le dénivelé en plonge forcément (on passe sous le niveau de la mer). Soupe de Tehrangeles plein les cages a miel, direction le Nord, en coupant à travers massif : sur l’autre versant, le Mazandaran nous tend les bras. Accueillis au méchant cagibi familial d'hotes Qazvinis (je n’aurai pas ici la grossièreté poulainesque de vous rappeler l’orientation sexuelle que leur prête l’adage national), on découvre le littoral caspien, et ses provinces où les alambics sont réputés pousser au fond des vergers.

Comme un petit goût de Russie dans cette Perse septentrionale où l’on s’attendrait à voir quelque baba yaga surgir de la jungle. Les ruelles défoncées par la boue (il pleut ici la plupart du temps), les appels de phares des pick-up hors-d'age, le parfum des orangers, les mariages bancals et les avis de décès qui claquent sur les murs confèrent au lieu une atmosphère comme empreinte d’une irrémédiable nostalgie.

Le détour par « la côte » ne fait que renforcer ce sentiment : au pied des montagnes de type mentonnais (note : essayer d’en finir avec cette satanée grille de lecture nombrilo-centrée) où sont accrochées d’anciennes résidences royales transformées en hôtels prestigieux, vue imprenable sur le nœud du nouveau « grand jeu » centr’asiatique… « mer » ? « lac » ? A Ramsar en tout cas, la grise Caspienne qui nous sucent les tatanes semblent loin de ces préoccupations géopolitiques. Casino défraîchi, fête foraine abandonnée, boutiques closes…l’horloge semble s’être brusquement déglinguée sur cette riviera aux pastels rouillés.

En face, le Turkmenistan.

A ce point de l’article, peut-être vous demandez-vous toujours la signification de son intitulé… ‘fallait bien que je trouve une chute, fût-elle tirée par les cheveux…« J’ai fait Ramsar », « J’ai fait l’Iran », « J’ai fait l’Asie centrale »…Je ne « ferai » même jamais Ternay, Rhône, France, moins de 5000 habitants, où je vis depuis la rentrée 1995. Ou quand la désolante facilité dans laquelle peut se vautrer le langage de celui qui se veut aventurier, collectionnant les destinations comme sur un tableau de chasse, est battue en brèche par un week-end de 4 jours. Poignée d’heures de decouverte qui rappellent l’infinie complexité de tout endroit façonné par notre main, et qui en interdisent toute description, inévitablement bâclée.

Qu’est-ce que je viens de faire ?

samedi 3 novembre 2007

I ♥ Steve

Ca y est mes loulous, je ne l'aurais pas loupé cette fois-ci. J'ai retrouvé notre Steve chéri. Et on s'est mis chers.

Des nouvelles du bestiaux. Steve habite cette année dans la plus belle frat' jamais vue. Kézaco la fraternité ? C'est la franc-maçconnerie étudiante. Sauf que la on n'a pas le droit à l'habituel refrain des frat's américaines vues à la télé : ils ont des livres. Et accessoirement ils n'ont pas le droit de faire des fêtes (parce qu'un type est mort à l'une d'entre elles, la routine).

Président de Delta Phi Epsilon motherfucker.

C'est sa dernière année à Georgetown, attendez vous à le voir au Congrès l'année prochaine... On ressortira tous les dossiers. Exemple : "si je marque un essai, ma copine me suce la biiiiiteeee."

Guilhem, tu es le bienvenu chez lui, il va remplir son bar. En attendant, l'idée d'une Christmas Party le 6 décembre fait son chemin dans ma tête...

PS : on a posé avec le maillot. Les photos devraient arriver...

En attente de : fin du dialogue Iran-USA ie nouvelles des feignasses.

Prude, danse !

[bé]-[bâ]-[a]=[baaa], [vé]-[bâ]-[a]=…outre l’apprentissage de son alphabet, le baptême de l’immigrant en Iran passe forcément par les dédales bureaucratiques de la République islamique…Votre petit Français, au visa en phase sérieuse d’expiration, en a eu le cœur net quand il lui a fallu sillonner la ville, du Ministère de l’Education aux officines du MAE local, sans oublier, épreuve obligée de ce parcours du combattant, la…brrr…«Force disciplinaire islamique» (ie « police centrale » en jargon velayat-e faqihé). J’vous épargne les nombreux kilomètres, heures et litres de sueur dépensés à expliquer ma requête (enfin, surtout à corriger des missives officielles qui, elles, étaient censées renseigner d’une administration à l’autre quant à ma situation)…au final, grâce à une probable bonne étoile (« C’est l’Orient » comme dirait l’autre, tout serait donc possible ici), j’ai obtenu, en un temps record…un mois de sursis. Eeh les potos, rdv pour le 8 décembre ?

Puffons ensemble maintenant…

Bonjour
Ou êtes vous? Que faites vous? Je n'ai plus de nouvelles de vous?? Je vous
renvoie mon dernier mail.
J'attends de vos nouvelles.
CV


Rrooooh, Chri-chri qui se fait du mourron…allez, je rassure :

Alif) 1er test-match du TRUFC, avant-hier. On accueillait la « team-e melli » (le XV national) pour une rencontre amicale. Les coiffeurs et moi, on s’est plutôt pas mal démerdé : une défaite honorable (même si j’ai horreur de cet oxymore) 20-3. A mon actif (en tant que n°11): un raffut à la pomme d’Adam, un petit coup de pied à suivre qui trouve…la touche, un plaquage à retardement (soit une dizaine de secondes après le coup de sifflet arbitral)…bref, l’habituel brouillon techniquo-tactico-vicieux de celui que vous avez l’inconscience de vous obstiner à placer en ultime rempart. Réactions de mes petits copains : « very good », « [kheïly khoubé] », « may I have a photograph with you ?»…J’vous jure…

Promis, j'me raserai la veuille de la visite a Qom. Le gout de la provoc' ?


Ba) le lendemain, jour du Seigneur, détente. Sorties culturelles (vous n’allez pas me reconnaître…) :

- Le palais des Roses ([Golestan], soit la demeure de feu le Shah et de ses prédecesseurs Pahlavi et Qadjar) : un jardinet raffiné clos par des ailes aux façades rivalisant de « kitsch », un trône de marbre, des galeries étonnantes quand elles ne sont pas fermées au public…le tout coincé entre centre des télécommunications à l’abandon (enfin, apparemment) et grand bazar. Sympa, même si ça reste un musée. Moi, ce qui m’excite, c’est les restos. Mais ça, vous devez au moins commencer à vous en douter.

- Vendredi, jour de culte essentiel en Islam, on s’offre un pèlerinage. Après-midi au « Haram-e Hazrat » (mausolée) d’Abdol’Azim, à Rey, faubourg méridional de Téhéran qui fut, en un lointain et glorieux passé, capitale perse. Dans l’enceinte, le décor habituel, sublime : tombeaux, stelles en souvenir de martyrs, dômes de faïence, tapis moelleux et foule de fidèles. Alentours : glaciers, fringues et hi-fi ?
Oui, mais. Mais ces marchands du temple peuvent être pensés comme à leur place en pareil endroit. ‘M’explique : ce qui frappe au « Haram-e Hazrat », c’est l’invraisemblable enchevêtrement d’interactions sociales, commerciales, familiales…qui peut déstabiliser plus d’un petit Chrétien habitué à une conception bien différente de la spatialisation du sacré. Alors que le chuchotement semble de rigueur dès que le seuil de la moindre chapelle est franchi, la mosquée se distingue d’abord par son caractère de « chaudron à rencontres », où bouillonnent jeux, débat, pique-nique, ou encore…prière. Bien qu’il s’agisse ici de l’Iran majoritairement chiite, je faisais un constat similaire en l’une des esplanades les plus précieuses des monothéismes, celle qui court au pied d’Al-aqsa…à mille lieux bien sûr de nos préjugés, par définition baignés d’ignorance et de frilosité, l’espace islamique invite avant tout à la vie et a son effervescence.

Djim) Bon, j’ai fait ma B.A. que d’aucuns pourront juger dégoulinante de tolérance béate, place à l’Iran obscur…ce même vendredi en effet, le régime s’est rappelé à nos insouciants élans de jeunots de la plus brutale des manières : outre l’interpellation pour mitraillage intempestif (ça commence à peser, mes relations avec les forces de l’ordre locales...combien de points au classement des lads ?), c’est la manif' de fillettes, « encadrées » cela va sans dire, qui a descendu l’hyper-centre de Téhéran : des centaines de pisseuses qui en appellent à l’effondrement des Etats-Unis et des « sionistes »…

I.R.I. ’07, the show must go on.

Prudence, donc…