(
Note : je m’étais pourtant répété que je vous épargnerai cette référence téléphonée, destinée à ne fournir que grain à moudre à l’auteur par ailleurs fort inspirée d’ «
IEP, eux brodent »)
Au crépuscule (
Note: j'aurais tant voulu poster cet article qu'on ne boute les All Blacks...mais la connexion tres, tres bas debit de l'hotel s'est invitee et m'oblige ce dimanche midi a exercer depuis la salle info de la fac. Neanmoins, dans le souci de ne pas vous priver du jeu de mot qui va suivre, j'ai tenu a preserver ce qui pourrait passer pour une incoherence spatio-temporelle), soit l’heure où tous les muezzins de Perse crient « femmes, in », je me mets à la table des récits. Alors que Khomeiny (l’ayatollah hein, pas la place ni l’aéroport ni l’avenue ni la station de métro ni…) toise de son regard noir des 4x3 Samsung ou LG à faire se damner un decauxrateur, je récupère sans contretemps mon barda et fait une entrée de plain-pied en Jomhuri e-islami. Il est 4h du mat’, hier (vendredi donc, cf le chouia de liberte pris en matiere de spatio-temporalite).
Freaky Friday en fait. Car ce vendredi était célébrée l’annuelle « Journée de Jerusalem »…rien ne manquait à ce haut moment folklorique de la R.I., pas besoin donc de m’étendre sur le decorum. Aucun incident à déplorer toutefois, enfin si l’on considère qu’une telle manif n’en constituait pas un assez terrible. Je signalerais juste en passant que pour cette édition, notre douce France tenait une place de choix : guest-star (de dernière minute, merci qui ?) des slogans à thème « Down with ». Turbulence passagère (et finalement bien peu fanatique, la majeure partie de la foule présente se contentant d’observer les bras croisés), espèré-je devant l’accueil au pire indifférent, au mieux incroyablement généreux que m’ont jusqu’à présent réservé les Téhéranais en apprenant ma nationalité.
Allez, quelques mots-clés pour résumer ces premières 48 heures :
TAXI Mon premier contact avec l’Iran. L’occasion de débattre tout en prudence (Que répondre lorsqu’on vous demande sans autre forme de procès ce que les Français pensent d’Ahm’jad ?), ou d’échanger intensément (« Do you speak English ? – [Gobotad] ! (didascalie : en montrant la route d’un index évasif) – Euh, hmmm c’est cela, oui. »), tout dépend du chauffeur ! Je ne vous cache pas qu’à moins de 3 euros la course (environ 0.50 euro en charette sauvage et collective), voilà un mode de transport que je m’en vais privilégier. En effet, à Téhéran, mieux vaut être dans un habitacle, fût-il celui d’une Paykan 100% tôle, que simple piéton ? Simple « what » ? Ce n’est pas seulement parce que la ville est tentaculaire ou parce que j’ai enfin les moyens de flamber, mais il s’agit d’abord d’une question de survie ! « La circulation, c’est un B-O-R-D-E-L », m’avait diplomatiquement prévenu Velud. ‘L’avait pas tort, le bougre. En comparaison, Bangkok, Naples ou Givors, c’est l’autoroute blanche.
BOUFFE Plus qu’une semaine avant la fin du Ramadan. Mais là ça va, je tiens (en fait je digère un dîner salade-kebab-300g de riz-Coca-C…euh pardon, « Yeknosh », menu facturé 2,5 euros). Merci les Arméniens qui m’ont accueilli pour mon premier déjeuner dans leur très raffiné « club », viandasse copieuse et Aznavour en musique d’ambiance ont su rasséréner mon estomac affolé. Arménie, mon amie. Enfin j’exagère, il suffit (?!) d’être discret, de ne pas manger ou boire en public avant 18h et puis voilà. Les échoppes d’alimentation sont ouvertes la journée, et les restaurants servent le dîner. Le jeûne, c’est pas la mer à boire. Ah oui, sinon, on trouve du Coca-Cola (l’original, le qui-dissout-la-dent de lait-et-polit-la-monnaie, le Pere Noel, « always » et tout…) en tête de gondole. A Téhéran. Oui monsieur.
FILLES « Aaah, il y vient ! », vous entends-je déjà ricaner. Si elles sont loin d’être moins belles qu’ailleurs, je dois reconnaître que le tchador, quand il est de surcroît accompagné d’un long manteau aux « normes islamiques », prend des airs d’incurable tue-l’amour. On devine parfois, au gré des quartiers, du galbe sous les gros pardessus. Mais rien n’y fait, on ne parvient pas à oublier que la Veuve Poignet demeure une Miss Iran sans rivale depuis près de 30 ans. Bellec (à moins que ce ne soit Dupeyron, Pintus ou Samir, toujours Samir…), je pense t’offrir le champagne l’été prochain. A mon crédit pour l’instant : un timide sourire complice (esquissé par votre despute éclairé) vers un mignon minois en face duquel je titubais en quasi-synchronisation au moment de traverser l’avenue Imam Khomeiny…pas de réponse. Dont acte. Je ne regarderai plus une fille dans les yeux, je ne regarderai plus une f…
En bref, histoire quand même de conclure :
- le climat (15-25°C, soleil à travers le smog perpétuel) est ici bien plus clément qu’aux abords du Golfe (cf le combo mémorable 30°-60° d’humidité à minuit, qui en moins de 10 secondes a bien failli me clouer au tarmac qatari) ;
- mes poumons broient du noir, bilan d’heures de ballade sous fixe continu au gaz d’échappement. Donc climat a tout bien penser pas si clement que ca... ;
- et une mention spéciale pour la « vateur païpe vid' hash » de mon génial Thénardier, lequel affirme que 8 millions de personnes, soit 10% de la population du pays, sont accros…situation favorisée par un laisser-faire (devinez de qui ?), car les gens sont alors plus « modelables ». Les Français sont les champions de la consommation d’anti-dépresseurs…cela favoriserait-il l’apathie face aux coups de reins réactionnaires de la clique à Sarko ?
- sinon, j’ai une semaine pour apprendre à compter en Persan, assister à un match de l’équipe nationale, et tâter de l’ovale. Avant la fin du séjour, penser à déménager et louer une voiture. Au rapport. Bientôt, inch’allah.
PS : per Guglielmo : t’es à Bologne, cazzino mio. Quelle que soit la dose d’affectivité dont tu viendrais nourrir tes cace-dé-di (et j’en suis très touché, crois-le), ne t’avise plus, mais alors plus jamais, de m’appeler « camarade ». Soit tu jettes un œil à l’intro. de quelque « Histoire de l’Italie au XXe siècle » (le chapitre « Fascisme vs Communisme » y tient certainement une place difficilement négligeable), soit tu souscris à la LegaNord et tu vas voir à Vicenza si j’y suis. Capiche, compagnon ?
PS, bis : les illustrations, si illustrations il y a, devraient emprunter la valise diplomatique. Patience, donc.