lundi 21 avril 2008

De Voragaz à Voragerbe: Innover pour faire payer

Lundi 21 Avril, Oxford.. Huit degrés, temps maussade.. Un Jacques Hessler en herbe s'en donnerait à coeur joie sur la BBC locale, tipo " Des pluies éparses sur la plaine du Cotentin", voix nasillarde fournie.
Néanmoins, malgré le côté mélancolique de la situation, je rentre ici la tête dans les étoiles, et Laurent Boyet n'a qu'a bien se tenir. !! IRAN, IRAN!! Loin des fantaisies de PES, de ses Ali Daei et Kharimi lancés au son des cithares et tambours troués.. Une culture riche et étonnante, un raffinement, subtilité dans tous les gestes, les visages.. Du bassedji au taximan on connaît au moins quelques vers de Hafez ou Saadi, deux grands poètes shiraziens. Le farsi est un délice de douceur, son manierisme y est flatteur et reposant.. "Que votre main ne souffre pas; ne soyez pas fatigués", en français dans le texte. De même, à l'opposé, les nouveaux préceptes post-79, l'avènement de nouvelles idoles avec commes figures de PROUT les deux guides (non Marc, pas le Lonely ni le Petit Futé), K et K.. Le tombeau-mausolée du premier tente sans doutes de rivaliser avec les plus beaux ouvrages d'art musulman de son pays, mais il sombre dans la ququterie de bas étage, le fantasmatoire, l'atroce. Ne soyons cependant pas si catégoriques avec le régime.. L'interdiction pour les femmes d'assister à un match de rugby nous aura au moins permis de rencontrer une famille iranienne, goûter aux plaisirs des toilettes turques,..( Massoud, je te salue). L'archipel blanc de Natanz, au sud de Téhéran, nous a également gratifié de quelques sensations fortes_ mirradors, 254 chars disséminés le long du complexe,..qui a dit Holywood? Et au milieu de cette ambivalence dichotomique peuple-régime, osons les grands mots et la généralisation merde, quelques étrangers, khaqedji, dont les expériences pendant une année mériteraient vraiment l'intérêt d'une quelconque maison d'édition ou journal. Cher Denis Pryen, vos éditions ne sauraient se passer des services du charmant aventurier Vorano-Novara-Veranou-Nafarov.
Ce natif de Lyon est en réalité un vrai Tabrizi, bien que certains le soupçonnent d'être Afghan. Le mystère incarné. Cheveux et bouc "Aux Vents de Perse", notre cher président du GPRC ne chôme pas, est devenu bilingue en farsi, et réinvente le style Charles de Foucault. Sandalettes en cuir de Machad, banane, et c'est parti pour une immersion complète en Farsistan: déluge de paroles, d'Arédighé, Nadighé, Radighé, (Raymond? Le Diable Au Corps? pff..). Pour un peu il se serait lui aussi scalpé récemment le crâne à Qom.. Si vous le cherchez dans Téhéran, rendez-vous place de la Révolution, Enqelab, puis remontez cette fameuse rue uniquement bordée de bâtiments administratifs. L'Université de Téhéran y est protégée par un canon et des soldats qui se murgent à l'Iskat, bière musulmane aromatisée. Le seul immeuble habitable de cette vibrante Choundzah Azar Street est celui des deux compères lyonnais. Rémi vit en effet en couple avec Marc, Toulonnais de coeur, la même moustache que Daniel Herrero ou Eric Champ. Marc est aussi un aventurier de l'extrême, réfléchit avec les deux hémisphères de son cerveau, et ose les grandes tirades à la Bougrain-Dubourg. Il n'aura malheureusement pas été des nôtres durant notre escapade bucolique à Ispahan. Je ne peux faire abstraction des quelques finesses hilarantes qu'il a pu "asséner" à Téhéran envers un Rémi dont les qualités athlétiques ne smeblent plus à démontrer: il aurait cette fois soulevé une table entière..

Roi du monde, ce Voragaz. Et grand fumeur, comme Morlon. Le Parlement iranien a cru avoir la brillante idée de supprimer le narguilé, pourtant composante même de la culture persane. Peine perdue, le Majlis a dû y renoncer, et seules les femmes aujourd'hui en auraient l'interdiction de jure.. Hein Manon? Quant aux hommes... ils sont actuellement encore en mesure d'en consommer jusqu'à s'en rendre malades... Qui a dit qu'on ne pourrait pas faire payer Vorachicha?

La fatwa alcoolique prononcée en septembre 2007 contre les deux traîtres, VoraEAU, et Judas (moi-même), est à présent conclue. Débutée dès Novembre 2007 lors d'un passage éclair à Rome où j'ai vraiment bien payé de mon foie, la mission VORANOV paraissait sur le papier beaucoup plus ardue. L'Iran, terre de tolérance, interdisant l'alcool, il fallut INNOVER POUR FAIRE PAYER. La proie est un dur à cuire et résiste à toutes les offensives culinaires. Un dizzi de Cappadoce bien piloné ne l'effraie pas, un kale pache matinal (bouillon de mouton avec poils, yeux et dents) non plus.. Le subterfuge fut donc de tenter l'overdose de narguilé, ou qalioun en farsi.. Entraîné, ce bougre d'âne a fini par céder à la troisième tournée de GILLOUN. La suave odeur de la fumée à la poire l'a rendu de suite titubant. 10 minutes après arrivaient les premières chaleurs..l'hyper sudation, la marée.. Un bref répit, une bouffée d'air, puis le dénouement. Je dois remercier un taximan albinos teherani qui a fait avancer la procédure: une vive engueulade avec Voraflush déjà pas très frais, puis une marche arrière sur l'autoroute.. C'en est trop: VORAGERBE expulse par la fenêtre du taxi!! 50 000 points, et primes d'éloignement/ contexte.

Le reste de notre séjour au Moyen-Orient fut beaucoup plus calme. Le Qatar est un pays en plein chantier, un mini-Sarajevo. Rien de mieux que les fastes d'un Club Diplomatique 5 étoiles avec sauna, hammam, jacuzzi pour oublier le temps d'un après-midi l'effervescence de Doha. L'autre solution anti-stress est plus périlleuse: se rendre dans le désert, dévaler les dunes en Hummer jusqu'à rejoindre la mer intérieure. Dépliez la tente, sortez le saucisson et le Ricard ramenés en douce dans la valise Samsonite, puis narguez les officiers à la frontière saoudienne, de l'autre côté du rivage, en dansant avec Justin Bridou.. Mythique!!

Tiens, 13h... l'heure de la pause.. C'est dur la vie à l'IEP..

2 putasserie(s):

Givoranal a dit…

Daste shoma dard nakone Judas azizam.

Je ne releverais que trop peu les errances de transcription latine de cette langue merveilleuse qu'est le persan.

Et pour le qalyun fatal, au lieu de "chat", c'est au fait de la tomate qu'on nous avait apporte.

La Cappadoce est en Turquie ataturkienne. Le dizi est lui plutot azeri.

PS: je ne porte pas de banane.
Et j'te pilonne le dizi.

Givoranal a dit…

Quelques ajustements tout de meme:

- le nom de la biere islamique, c'est "ISTAK" (Tuborg et Baltika produisent aussi une variante hallal)

- pas de toilettes "turques", mais des chiottes iraniens, en opposition aux cabinets d'aisance "francs" (farangi), de Clovis et sa descendance...

- sois sympa de ne pas tresser trop de lauriers aux bassiji question grande culture, merci.

- "ambivalence dichotomique"...ose la SCHIZOPHRENIE putain !

apres, ca peut aller...et pourquoi pas de photo ? On a fait voyager des grosses putes apres tout...

Khoda hafez.