Sur la route
4h30 de cours/semaine, ça laisse le temps de se taquiner le kebab.
Et de voyager.
Alors que la météo était à la pluie sur Téhéran et que l’Alborz se parait de névés, le Sud s’imposait comme le cap à tenir.
Explosant le par horaire fixé par tous les guides touristiques, le bus (bien prononcer [otobousse], car un simple [bousse] est un baiser) avale les 250 km d’autostrade du « Golfe Persique », au gré des étendues semi-désertiques, d’une casse de tanks, de Qom ou d’un grand lac salé, pour nous déposer à Kashan, oasis cher à Shah Abbas, et dont les tapis ont fait la réputation multiséculaire.
Frénésie du bazar, entre épices, « FunStation » (made in China) et carpettes, et gloire fanée des mansions de grandes familles locales (note : où se pose alors la question du patrimoine, de son sens et de sa gestion) se mêlent là en un joyeux c(h)œur urbain. Forte proportion de « Turco-mongols » et autres « Chinois » (let us rashly generalize), tchador de rigueur, motards sauvages arborant keffieh et haillons de bandeau à la Moshe Dayan, bâti tout en badgir (« tour du vent », soit un système ancestral de climatisation…) et pisé…le touriste occidental se fait espèce rare ici-bas.
Et de voyager.
Alors que la météo était à la pluie sur Téhéran et que l’Alborz se parait de névés, le Sud s’imposait comme le cap à tenir.
Explosant le par horaire fixé par tous les guides touristiques, le bus (bien prononcer [otobousse], car un simple [bousse] est un baiser) avale les 250 km d’autostrade du « Golfe Persique », au gré des étendues semi-désertiques, d’une casse de tanks, de Qom ou d’un grand lac salé, pour nous déposer à Kashan, oasis cher à Shah Abbas, et dont les tapis ont fait la réputation multiséculaire.
Frénésie du bazar, entre épices, « FunStation » (made in China) et carpettes, et gloire fanée des mansions de grandes familles locales (note : où se pose alors la question du patrimoine, de son sens et de sa gestion) se mêlent là en un joyeux c(h)œur urbain. Forte proportion de « Turco-mongols » et autres « Chinois » (let us rashly generalize), tchador de rigueur, motards sauvages arborant keffieh et haillons de bandeau à la Moshe Dayan, bâti tout en badgir (« tour du vent », soit un système ancestral de climatisation…) et pisé…le touriste occidental se fait espèce rare ici-bas.
Kashan, 9-4 style.
Trois jours savourés, loin du gigantisme tehrani. Où comment prendre le temps d’une omelette sous les voûtes d’un caravansérail, du climax d’un Pamuk sur les marches de l’école de théologie d’Agha Bozorg…de siroter, dans l’allégorie paradisiaque des Jardins de Fin, un thé malheureusement bien seul sans l’indispensable qalyan (note : il n’y’a apparemment pas qu’en France qu’on fait la chasse à la fumette…mais ‘semblerait qu’ici les fermetures en règle d’établissements de qalyan –dénomination persane de l’arabe chicha et de l’Egyptien narguilé- n’obéissent pas qu’à des impératifs de santé publique). Crochet, en longeant le fameux « complexe militaro-industriel » de Natanz, par la montagnarde Abyaneh (patelin labellisé Unesco) et ses dédales ocres de poussière, d’ânes, des voiles en fleurs de ses anciennes…
« C’est l’Orient », fantasmé par Montesquieu puis Velud, qui nous a ce week-end cligné de l’œil. L’Orient qui accueille, l’Orient qui s’effeuille…l’Orient qui offre aussi (histoire de venger le « tip » réclamé par un aubergiste soudainement anglophone, nous avons à la lettre appliqué le [qable nadare], soit la formule de [tarof] signifiant « vous ne me devez rien », que tout client se voit opposer au moment de passer à la caisse…du pain gratuit pour les [khareji] - = étrangers-, y’a pas d'quoi être bien fiers…).
Sur le bitume mité de la route du retour vers Téhéran, des familles sautaient du bus au milieu de nulle part.
Comme au hasard des pages de Kerouac.
« C’est l’Orient », fantasmé par Montesquieu puis Velud, qui nous a ce week-end cligné de l’œil. L’Orient qui accueille, l’Orient qui s’effeuille…l’Orient qui offre aussi (histoire de venger le « tip » réclamé par un aubergiste soudainement anglophone, nous avons à la lettre appliqué le [qable nadare], soit la formule de [tarof] signifiant « vous ne me devez rien », que tout client se voit opposer au moment de passer à la caisse…du pain gratuit pour les [khareji] - = étrangers-, y’a pas d'quoi être bien fiers…).
Sur le bitume mité de la route du retour vers Téhéran, des familles sautaient du bus au milieu de nulle part.
Comme au hasard des pages de Kerouac.
2 putasserie(s):
Nul à chier.
Vas-y putain mais vas-y, viens m'le dire en face...
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