samedi 10 novembre 2007

De l’absurdité de « faire » quelque part

Week-end de 4 jours.

Et même pas besoin d’une orgy chez Gaby, Francky et company pour le savourer.

Juste un week-end passé d’un contraste à l’autre de l’Iran.
(Avant-propos "couleur locale": les d'jeuns de la R.I. fetaient dimanche dernier le 28e anniversaire de la prise d'otages a l'ambassade US. Un jour non ferie, au grand dam des etudiants...)

Mardi, doudounes et Columbia sont de rigueur. Où j’emmerde le gros Loïc et ses a priori sur les gens qui portent des polaires. Aujourd'hui, c’est pour la bonne cause qu’on se vêtit en homme des bois. Un 4000 à grimper. Enfin presque : le Mont Totshal, ses 3950 m. Et son téléphérique. Ascension bien maîtrisée, rythme cardiaque qui s’emballe à l’approche du sommet, gerçures innombrables, on s’écroule après une journée de crapahutage…pour ça :

Con-nichon-aaah.


Face à nous le volcan Damavand (5671 m.), n'en rajoute pas. Cône parfait saupoudré de neiges éternelles, il semble veiller sur Téhéran qui s’étale en contrebas, sous son perpétuel voile de pollution. Tartiflette et vin chaud hantent nos vertiges de descendeurs, sans doute encouragés dans de tels délires lorsque nous croisons des filles dont le hidjab s’est oublié aux vents de l’Alborz. Surprise en effet: pas de trace de propagande en vue...la « montagne-refuge » sans doute…vive l’écologie (a ?)politique.

Le lendemain, départ pour la grande bleue. Le dénivelé en plonge forcément (on passe sous le niveau de la mer). Soupe de Tehrangeles plein les cages a miel, direction le Nord, en coupant à travers massif : sur l’autre versant, le Mazandaran nous tend les bras. Accueillis au méchant cagibi familial d'hotes Qazvinis (je n’aurai pas ici la grossièreté poulainesque de vous rappeler l’orientation sexuelle que leur prête l’adage national), on découvre le littoral caspien, et ses provinces où les alambics sont réputés pousser au fond des vergers.

Comme un petit goût de Russie dans cette Perse septentrionale où l’on s’attendrait à voir quelque baba yaga surgir de la jungle. Les ruelles défoncées par la boue (il pleut ici la plupart du temps), les appels de phares des pick-up hors-d'age, le parfum des orangers, les mariages bancals et les avis de décès qui claquent sur les murs confèrent au lieu une atmosphère comme empreinte d’une irrémédiable nostalgie.

Le détour par « la côte » ne fait que renforcer ce sentiment : au pied des montagnes de type mentonnais (note : essayer d’en finir avec cette satanée grille de lecture nombrilo-centrée) où sont accrochées d’anciennes résidences royales transformées en hôtels prestigieux, vue imprenable sur le nœud du nouveau « grand jeu » centr’asiatique… « mer » ? « lac » ? A Ramsar en tout cas, la grise Caspienne qui nous sucent les tatanes semblent loin de ces préoccupations géopolitiques. Casino défraîchi, fête foraine abandonnée, boutiques closes…l’horloge semble s’être brusquement déglinguée sur cette riviera aux pastels rouillés.

En face, le Turkmenistan.

A ce point de l’article, peut-être vous demandez-vous toujours la signification de son intitulé… ‘fallait bien que je trouve une chute, fût-elle tirée par les cheveux…« J’ai fait Ramsar », « J’ai fait l’Iran », « J’ai fait l’Asie centrale »…Je ne « ferai » même jamais Ternay, Rhône, France, moins de 5000 habitants, où je vis depuis la rentrée 1995. Ou quand la désolante facilité dans laquelle peut se vautrer le langage de celui qui se veut aventurier, collectionnant les destinations comme sur un tableau de chasse, est battue en brèche par un week-end de 4 jours. Poignée d’heures de decouverte qui rappellent l’infinie complexité de tout endroit façonné par notre main, et qui en interdisent toute description, inévitablement bâclée.

Qu’est-ce que je viens de faire ?

4 putasserie(s):

Alexandre a dit…

C'est vrai que vu comme ca tu nous donnerais presque l'envie d'y aller. et le rugby ca avance ? t'es passe 3/4 centres ?

See you
gilohene

Anonyme a dit…

Une fois de plus, un bel article.
Mais me dis-pas que t'as osé toucher à cette barbouze naissante..?
Bises de la vallée du Gier
Pintus

Poulain a dit…

Les Qazvinis, c'est des pédés ?

Givoranal a dit…

iranistan.over-blog.org

Le journal de bord du troisieme et dernier etudiant francais (ENS Ulm)en Iran pour l'annee.